Un point sur l’acte 44 des Gilets Jaunes

Ce samedi 14 septembre marquait le deuxième rebond de cette rentrée du mouvement social, avec l’acte 44 des Gilets Jaunes, une semaine après une reprise qui montrait que ces derniers ne baissaient pas les bras, suite à un été en repli logique.

C’est Nantes qui avait été désignée capitale nationale du mouvement pour ce week-end. Une manifestation marquée par la thématique des violences policières, et suivie par plusieurs milliers de participants. Avant même que celle-ci ne débute, les policiers découvraient une vingtaine de cocktails molotov et des mortiers dans un conteneur poubelle du centre-ville, alors qu’un pique-nique rassemblant plusieurs centaines de personnes se déroulait en préalable. Dans le cortège, de nombreux slogans accablaient la police et sa hiérarchie, revenaient sur la mort de Steve Maia Caniço lors d’une intervention de forces de l’ordre en marge de la fête de la Musique à Nantes. Les manifestants s’insurgeaient aussi contre l’ex ministre de la Transition écologique François de Rugy, député de Haute-Loire, dans les affaires révélées cet été par Médiapart et qui ont conduit à sa démission. Les contestataires en noir étaient présents en nombre, mais ont rapidement été dispersés par l’usage d’un blindé canon à eau et de nombreuses grenades lacrymogènes. Des dégradations, jets de pavés ou bombes incendiaires ont eu lieu. Quatre policiers auraient été blessés, et 35 interpellations ont eu lieu.

À Montpellier, alors que l’acte précédent avait été massif et vu de nombreux affrontements et dégradations de mobilier urbain, environ quatre cent manifestants se réunissaient pour manifester dans le calme. Avant même le départ du cortège, des agents de la BAC ont procédé à des fouilles et des prises de vue des premiers gilets jaunes arrivés sur les lieux. Les manifestants ont ensuite déambulé dans le centre-ville, et se sont rendus aux abords du centre commercial Polygone. Les forces de l’ordre n’ont pas fait usage de moyens de dispersion au cours de la manifestation.

À Toulouse, environ 1500 manifestants se sont réunis et ont manifesté dans le calme. Certains d’entre eux sont parvenus à pénétrer la gare Matabiau et à bloquer des voies ferroviaires, occasionnant des retards sur près d’une dizaine de trains. Les contestataires ont été fermement évacués et deux personnes eux auraient été placées en garde à vue. Les forces de l’ordre ont fait usage de gaz lacrymogène aux alentours de 17h.

À Lyon, un millier de manifestants se sont réunis, bravant l’interdiction décrétée par la Préfecture sur certains périmètres du centre-ville. Une dizaine d’interpellations ont eu lieu. Les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes dès 14h30, poursuivant la répression du cortège à plusieurs reprises. Des verbalisations ont eu lieu, notamment en rapport à l’interdiction préfectorale.

Nancy a vu se cristalliser les manifestants du Grand Est et a rassemblé près d’un millier de manifestants. Des tensions ont éclaté en fin de manifestation et les forces de l’ordre ont fait usage de grenades lacrymogènes et de désencerclement, occasionnant trois blessés légers.

À Bordeaux, quelques centaines de manifestants ont déambulé dans le calme à travers les rues du centre-ville. C’était le cas aussi à Marseille avec une manifestation à peu près dans les mêmes proportions et qui n’a pas donné lieu à des tensions particulières. À Lille, seulement 150 personnes se sont réunies pour manifester dans le calme.

À Paris, quelques centaines de manifestants s’étaient réunis et ont rallié dans le calme le boulevard de Grenelle depuis l’avenue de Choisy, encadrés de près par les forces de l’ordre, alors qu’au même moment une grosse centaine de Gilets jaunes s’immisçaient dans le terminal 1 de l’aéroport d’Orly pour sensibiliser les usagers au référendum contre la privatisation d’ADP.

De plus en plus, il semblerait que le mouvement s’oriente sur un modèle privilégiant les actes nationaux, où a lieu en général une forte affluence de blackblocs, en alternant des phases de regain et de reflux, en fonction des thématiques liées à l’actualité.

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