Procès de Camille Halut, l’observatrice relaxée

Ce jeudi 3 octobre 2019 était rendu au TGI de Montpellier jugement du procès de Camille Halut, observatrice de la Ligue des Droits de l’Homme, face à laquelle le parquet avait requis 150€ d’amende pour “entrave à la circulation“. Les faits incriminés remontent au 6 avril 2019, lors de l’acte 21 des gilets jaunes à Montpellier. La jeune femme documentait le blocage de l’autoroute A709, mais n’avait nullement participé à celui-ci.

La justice a finalement donné raison aux avocats de l’observatrice, qui avaient mardi plaidé la relaxe, dans un procès qui s’annonçait comme éminemment politique et qui a eu le mérite d’amorcer le débat sur le rôle des observateurs au sein du mouvement social et sur la répression qu’ils subissent. Cette décision, qui repose sur une juste analyse de la mission d’observation de Camille Halut, risque de faire jurisprudence et permettra peut-être d’alléger l’épée de Damoclès que l’État fait peser sur les observateurs, multipliant arrestations arbitraires et judiciarisation abusive.

Le juge a ainsi relevé que l’enquête n’a pas été menée de façon correcte, l’observatrice ayant été préalablement identifiée avant qu’une infraction ne lui soit attribuée, ce qui est contraire à la norme qui établit que l’on constate l’infraction avant d’en rechercher l’auteur. Sur les faits, le visionnage d’une longue vidéo a pu démontrer que l’observatrice n’a pas participé directement au blocage et s’est bien tenue à la méthodologie de sa mission.

Le magistrat conclut que Camille Halut n’a fait “aucun acte autre que celui d’observer“. L’infraction reprochée n’est donc pas ou peu caractérisée sur le plan matériel, et ne l’est aucunement sur le plan moral.

La jeune femme fait face à un second procès en décembre pour “rébellion, refus de signalétique et dissimulation du visage” après avoir été interpellée et placée en garde à vue le 21 septembre, lors de l’acte 45 des gilets jaunes à Montpellier. En août dernier, elle avait également été retenue 24h en garde à vue lors du G7 à Biarritz et en était ressortie avec un rappel à la loi.

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