Ian B., du collectif Désarmons-les ! contre la violence d’État

La Mule rencontrait aujourd’hui Ian B., l’un des membres fondateurs du collectif Désarmons-les!, engagé contre la violence d’État depuis le début de la décennie. Originellement impliqué dans des mouvements militants, Ian a rapidement compris que la violence d’État était en phase de déchaînement sur tout type d’opposition aux projets politiques ou économiques. Un engagement qui a trouvé un écho très important avec le mouvement des gilets jaunes.

Alors que la violence policière est depuis fort longtemps constatée dans les quartiers sensibles, ce sont les mouvements écologistes radicaux qui semblent d’abord avoir fait les frais d’une répression intense au sein du mouvement social, que ce soit sur les ZAD de Notre-Dame-des-Landes, Bure ou Sivens. Les cas sont nombreux de violences policières, ou de judiciarisation outrancière, dans certains d’entre eux.

Dès 2010 cependant, on constatait une montée soudaine de la répression lors des manifestations contre la réforme des retraites. Toutefois, celle-ci touchait surtout les militants autonomes ou anarchistes, en même temps que les jeunes de banlieues qui profitaient de ces événements pour dégorger leur colère dans Paris.

Or, dans les cas de ces mouvements écologistes du début des années 2010, il semble que les intérêts politiques et économiques aient été le détonateur d’une violence policière qui a cessé d’être de classe ou politique, et a pu s’étendre sur une partie déjà plus diverse de la société. La mort de Rémi Fraisse en 2014, suite à une intervention policière sur la ZAD de Sivens dans le Tarn, a créé une onde de choc qui n’est sans doute pas innocente dans l’abandon du projet d’aéroport à Notre-Dame-des-Landes, dès le début du quinquennat Macron.

C’est sur ces bases que le collectif Désarmons-les ! s’est créé dès 2011, et a tenté, petit à petit, de fédérer les personnes (issues des luttes sociales ou non) ayant subi des violences policières. Au fil de cet effort, a également été produit tout un travail de recherche, de documentation et de vulgarisation sur l’armement de la police et ses prérogatives législatives. L’Assemblée des Blessés fut d’abord pour le collectif une façon de créer du lien et d’exorciser le choc créé par une police qui mutile de plus en plus librement dans le cadre des mouvements sociaux, en plus d’être une façon de protester contre cet exercice de la violence d’État.

Avec la répression des manifestations contre la Loi Travail en 2016, le collectif a trouvé une consistance encore plus effective, les cas de violences policières ayant été nombreux, tout comme la gestion globale de ces manifestations fut d’une agressivité inédite. Il s’attaque aussi à la question des morts consécutives aux interventions policières. Mais c’est surtout avec le mouvement des Gilets jaunes que Désarmons-les ! entre sur la scène médiatique et que son travail de documentation notamment est consacré, jusque dans les media mainstream.

Alors que la violence s’est désormais abattue sur un plus large spectre de la société civile, faisant passer un message clair quant aux velléités et à la résilience du pouvoir économique et politique, le travail de Désarmons-les !, novateur et inédit, est apparu comme un phare, un roc, au milieu de la tempête, pour de nombreux gilets jaunes, néo-militants, peu au fait des violences policières ou de la réalité de la répression que connaissent les banlieues ou les groupes autonomes depuis des années.

Après ce travail de vulgarisation, et alors que la répression policière du mouvement des Gilets jaunes est à nouveau en hausse, c’est une nouvelle phase qui s’enclenche pour le collectif, celle de l’accompagnement et du soutien des blessés du maintien de l’ordre…

Nous relayons ci-dessous la dernière brochure de Désarmons-les ! sur l’armement de la police :

 

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