Face aux gilets jaunes, les forces de l’ordre instaurent le chaos dans l’Écusson

Montpellier, 5 décembre 2019 – Après le succès de la manifestation des grévistes, qui a rassemblé plus de 20000 personnes dans un cortège à l’ambiance bon enfant, les Gilets jaunes s’étaient donnés rendez-vous sur les coups de 14h, place de la Comédie, pour une petite promenade de santé. Laquelle, quoique moins massive, s’est avérée bien plus énergique que la manifestation matinale.

Alors que la présence policière avait été moindre tout au long de la matinée, c’est une répression féroce qui s’est abattue sur les quelques mille cinq cents manifestants qui avaient choisi de poursuivre leur engagement journalier dans le centre-ville de Montpellier. On dénombrerait ainsi plus d’une trentaine d’interpellations et de nombreux blessés.

Les forces de l’ordre ont agi en nombre et opéré de nombreuses charges, aidées par d’abondantes grenades lacrymogènes, tandis que les manifestants se mêlaient toujours plus à une indistincte foule, notamment sur la place de la Comédie. De nombreux badauds et touristes ont pu assister, incrédules, aux affrontements disproportionnés entre les compagnies d’intervention locales et les manifestants, noyés par les gaz.

Cela devient presque une habitude, à chaque grosse manifestation syndicale à Montpellier s’ensuit son contrepoids immédiat, porté par les Gilets jaunes, dans l’après-midi. Chacune de ces itérations démontre bien la conception de l’ordre public à deux vitesses que peut appliquer l’exécutif quant aux mouvements sociaux, selon leur échelle de représentativité de la société civile et politique. Et l’on ne peut que constater le maintien de l’ordre logique qui s’ensuit.

Cependant, demain le rendez-vous du deuxième jour de la grève a d’ores et déjà été donné, à 10h, place de la Comédie. Assistera-t-on par la suite à un second acte d’un même absurde combat ? Ou une forme de convergence poindra-t-elle, dans le but de structurer et soutenir un mouvement qui ne sait pas encore où précisément il va ? Seul le temps nous le dira.

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