Sous la gouvernance de Macron, les journalistes sont massacrés

PHOTO : À̴̘̃̉d̴̯̐è̷͊͂̔ĺ̸e̵͒ ̷̊L @adeleuuuh

 

“Plus que les violences policieres, nous subissons la violence d’Etat.”

Nous sommes en juillet 2019, 115 cas de violences policières touchant des journalistes sont déjà signalés sur le site panoramique Mediapart, grâce au travail de David Dufresne.

En tant que journaliste, je suis sur le terrain chaque week-end depuis le début du mouvement des Gilets Jaunes. Ce nombre officieux, “115”, est petit lorsque le nombre de journalistes blessés lors des manifestations depuis novembre 2018 pourrait se multiplier par au moins 10. J’ai moi-même été victime de violences policières plus de 20 fois en un an, et seulement deux fois, je l’ai rendu public…

Combien de fois ai-je vu mes confrères et consœurs à genoux, baignés de sang par les tirs de LBD, marqué.es par des grenades GMD, violemment poussé.es, marqué.es par des matraques de la police, ou en détresse à cause de l’utilisation massive de gaz lacrymogènes ?

À ces situations “in extremis” s’ajoute toute la répression psychologique dont souffrent les journalistes : insultes par la BAC, humiliations, palpations, privations de liberté, etc – actions de la police qui violent les libertés de la presse et qui sont mises à exécution par le ministre de l’Intérieur.”

En réponse à ces violences et à bien d’autres, un groupe de journalistes indépendants a lancé le collectif REC (Reporters En Colère). Voici leur communiqué de presse :

 

Alors qu’ils entendaient dénoncer pacifiquement les violences policières, plusieurs membres du collectif Reporters en colère, dont Taha Bouhafs et Gaspard Glanz, ont été blessés par les forces de l’ordre. Entre craintes et détermination, plusieurs de ces journalistes racontent à ASI leur journée du 5 décembre, où ils étaient venus manifester mais aussi exercer leur métier.

Très peu de médias parleront de l’action menée par le REC le jeudi 5 au matin, avant d’aller au travail. Très peu de médias mettront en avant le fait que la journée du 5 décembre fera plus de 25 reporters blessé.es, entre eux, le reporter Mustafa Yalcin qui risque de perdre de la vision.

 

“Après une longue journée de travail, le dégoût… Les journalistes qui donnent leur vie parce qu’ils croient à l’idée de fournir de vraies informations aux Français et au monde, sont contraints de se confronter” : la critique manque de tonus ! L’article paru dans le journal d’extrême droite Valeurs actuelles qui attaque les reporters indépendants : “ces reporters autoproclamés qui font le jeu des casseurs et traquent la police…“. Une attaque aux journalistes indépendants, oui ! Mais aussi une “contre-attaque” à l’action du collectif REC dans la matinée.

“Cette deuxième catégorie, sœur jumelle de l’autre, compte des membres emblématiques, comme l’islamo-gauchiste (coorganisateur de la « marche contre l’islamophobie ») Taha Bouhafs ou encore l’anarchiste Gaspard Glanz (déjà interpellé pour un doigt d’honneur aux forces de l’ordre), régulièrement présentés comme des journalistes « autodidactes ». Comprendre : autoproclamés. Ces reporters-militants étaient bien évidemment présents lors de la manifestation ce jeudi, en première ligne pour filmer les exactions de leurs amis Black Blocs, ainsi que pour manifester contre la répression des forces de l’ordre. « Reporters en colère, stop aux violences policières ! », ont-ils scandé en passant à travers les cortèges, persuadés que leur statut de journalistes “objectifs” leur donnait une supériorité morale. Un groupe de casseurs encagoulés s’attaquent directement aux CRS en leur jetant des pavés.”

Le lendemain, le collectif REC a publié un communiqué de presse sur les événements du 5 décembre, qui dénonce les fouilles, l’absence de RIO chez les policiers, et appelle les journalistes blessé.es a leur faire parvenir leurs témoignages :

 

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