Procès de Camille Halut ce jeudi 12 décembre

Demain à partir de 13h se tiendra au tribunal correctionnel de Montpellier, le procès de l’observatrice de la Ligue des Droits de l’Homme de Montpellier, Camille Halut, poursuivie pour des faits remontant au 21 septembre 2019, alors qu’elle couvrait l’acte 45 des Gilets Jaunes.

Prise à partie par un groupe de policiers, alors qu’elle effectuait sa mission d’observation, l’observatrice a subi une confiscation de son matériel, qu’elle a voulu dénoncer avant d’être interpellée sans ménagement, et placée en garde à vue pour 24h. On lui a alors notifié qu’elle serait poursuivie pour trois chefs d’inculpation : “dissimulation”, “rébellion” et “violences sur personne dépositaire de l’autorité publique”, à savoir le chef de la sûreté départementale qui l’accuse de lui avoir porté un coup de pied. Ce que notre reportage des faits n’avait pas permis de constater :

Comme le dernier rapport de la LDH le rappelle, Camille avait été poursuivie “devant le tribunal correctionnel de Montpellier, pour avoir “à Montpellier le 6 avril 2019 en vue d’entraver la circulation, placé sur une voie ouverte à la circulation publique, un objet faisant obstacle au passage de véhicules ou employé un moyen quelconque pour y mettre obstacle, en l’espèce en de sa personne (sic) lors d’une manifestation, manifestation ayant placé également des matériels sur les voies”…

L’observatrice a été relaxée au mois d’octobre lors de ce procès. Mais le processus d’intimidation judiciaire qui se veut faire pression sur son activité d’observatrice documentant les cas de violences policières, se poursuit donc avec ce nouveau procès de demain, dont on attend avec grand espoir qu’il pourra faire une bonne fois pour toute jurisprudence sur la légitimité de l’action des observateurs de terrain, qui subissent par ailleurs une forme de répression violente dans l’exercice de leurs prérogatives citoyennes. Au cours de ses missions d’observation, Camille Halut a cumulé plus d’une cinquantaine d’heures de garde à vue depuis le début du mouvement des Gilets jaunes.

Partager