Contre la réforme des retraites, la mobilisation se poursuit massivement à Montpellier

Plus de 7000 personnes selon la Préfecture et 15000 selon les organisateurs, ont défilé à Montpellier ce jeudi 9 janvier 2020, pour une manifestation interprofessionnelle contre la réforme des retraites par le gouvernement d’Emmanuel Macron. Des centaines de gilets jaunes se sont mêlés à cette marche qui réunissait de nombreuses organisations syndicales derrière une bannière unitaire, représentant un nombre croissant de branches allant des cheminots aux personnels hospitaliers, en passant par les avocats, travailleurs du ciel, chercheurs ou enseignants.

Dans une dynamique un peu molle, l’affluente foule s’est élancée depuis la place Zeus dans le quartier d’Antigone, pour rejoindre le Corum par un trajet alambiqué et un peu inhabituel, où les manifestants se sont scindés en plusieurs groupes. Entre temps, les Gilets jaunes ont joué un petit tour aux syndicalistes en quittant le trajet officiel de la manifestation au niveau de l’Arc de Triomphe, et se sont permis quelques huées et quolibets adressés au cortège de la CGT qui suivait le véhicule policier ouvrant la marche, avant de rejoindre la manifestation à nouveau de l’autre côté du pont.



Après être passés par le boulevard Louis Blanc, les manifestants ont terminé leur marche au niveau du Corum, et se sont dispersés en différents groupes, les uns rentrants chez eux, d’autres souhaitant retourner sur la Comédie. Les Gilets jaunes se sont alors en partie scindés, certains rejoints par quelques bannières syndicales, pour retourner vers le centre en longeant le Corum, avant de devoir ruser en traversant les locaux de la Google French Tech pour éviter les cordons policiers qui barraient l’accès à la place de la Comédie. Ils ont toutefois pu rejoindre celle-ci sous l’oeil impassible des CRS. Avant de repartir en manifestation sauvage vers la Préfecture, puis l’Observatoire et la Gare.

La mobilisation contre la réforme des retraites reprend sans faiblir avec cette rentrée 2020, tout en conservant l’assentiment général de la population. Si à Paris, la convergence semble s’opérer plutôt naturellement depuis le début du mouvement du 5 décembre, à Montpellier, les rapports entre syndicats et Gilets jaunes semblent toujours aussi complexes, même si les gilets étaient venus en nombre soutenir le rapport de force aujourd’hui.

Il semble que dans la capitale, l’engagement très fort des cheminots et des agents RATP diffère largement de la méthodologie folklorique de nos syndicalistes locaux, tout comme leur moyenne d’âge qui peut être un facteur déterminant. Le mouvement syndical à Montpellier a peut-être tardé à se renouveler à travers l’afflux toujours plus important de nouveaux habitants, en proie à un marché du travail cadavérique.

C’était ainsi un peu drôle d’entendre le syndicalo-crooner de la CGT chanter “Allez viens avec nous, il y a de l’action“, précédé par un cortège de Gilets déterminés à partir en manif sauvage contrairement aux représentants de la confédération. A part des fumigènes un peu plus chers et le fameux marteau-pétard qui fait perdre trois points d’audition à 100m à la ronde, on se demande toutefois où réside la susdite action. Aussi, la manifestation de ce samedi 11 sera-t-elle un test pour le mouvement social montpelliérain, puisque les syndicats ont appelé à manifester aux côtés des Gilets jaunes, tout en déclarant une manifestation de leur côté.

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