Acte 61 des Gilets Jaunes – Grève générale, manif sauvage!

Ce samedi 11 janvier 2020, Gilets jaunes et syndicats se sont ouvertement réunis, une fois n’est pas coutume, pour le traditionnel rendez-vous du samedi, que ce mois de lutte exceptionnel a pu rendre à la fois inédit et unique. Plusieurs dizaines de milliers de manifestants ont défilé contre la réforme des retraites et pour plus de justice sociale et de démocratie effective, les slogans des gilets se mêlant en toute force avec ceux du mouvement gréviste.

Pourtant, tout ne partait pas si bien. Les gilets jaunes, à peine deux centaines, se retrouvaient sur la Comédie, alors que le rendez-vous de la manifestation syndicale déclarée se situait au même moment, juste un peu plus bas, place Alexandre Laissac, à l’initiative d’un groupe gilet jaune montpelliérain. Ce qui n’a pas manqué de provoquer des réactions outrées dans certains groupes héraultais, considérant que les syndicats se devaient pour une fois d’acter concrètement la convergence vers le mouvement en rejoignant le traditionnel point de départ non déclaré. Finalement, les gilets ont rejoint le cortège syndical bien plus massif, et ont participé à un défilé impressionnant pour un samedi.

Les manifestants ont remonté le boulevard du Jeu de Paume, passant devant les Jardins du Peyrou avant de redescendre vers Louis Blanc et le Corum, puis de remonter vers l’Esplanade Charles de Gaulle. Là, un dispositif policier impressionnant est venu couper la route du cortège, procédant à une interpellation. Un incendie s’est déclaré sur l’une des terrasses de l’Espla, avant que les policiers ne laissent finalement l’accès à la place de la Comédie aux manifestants.

C’est là que s’est jouée une convergence qui pour l’instant semble unique dans l’histoire du mouvement à Montpellier. Si les sections syndicales ont tôt fait de ranger camionnettes et banderoles, de nombreux manifestants ont gonflé les rangs des Gilets jaunes pour une manif sauvage qui a d’abord tenté un accès vers la Préfecture par la rue de la Loge, avant de suivre le trajet initial de cette journée en remontant le Jeu de Paume. La manif sauvage s’est ensuite dirigée à nouveau vers la Préfecture où un impressionnant dispositif policier, envisageant très clairement les effets d’une nasse, se proposait de l’accueillir.

Mais ce n’était pas sans compter le bon sens du cortège, reparti rapidement en direction de l’Arc de Triomphe, poursuivi parfois avec violence par des lignes de CRS et de la CDI34. Suite à quelques jets de projectiles, des gaz lacrymogènes ont été tirés pour disperser les manifestants. Ceux-ci ont eu à coeur de poursuivre leur manifestation en direction de Plan Cabanes et de Figuerolles, où des équipages mobiles de la CDI, la CRS et de la BAC ont traqué les protestataires. Plusieurs interpellations ont eu lieu.

Les Gilets jaunes ont fini par se retrouver, comme à l’habitude, sur la place de la Comédie. Avant d’entamer un périple dans le centre commercial du Polygone, de facto bloqué, où les forces de l’ordre ont à nouveau du intervenir sans pouvoir rétablir la situation.

On pouvait aujourd’hui à Montpellier, à cet appel réussi de manifester pour une fois réellement ensemble, syndicats et Gilets jaunes, constater les preuves d’une timide convergence. Car, encore une fois, les cortèges syndicaux ne sont pas vraiment allés au delà de leurs limites institutionnelles, en coupant court à leur participation en milieu d’après-midi, comportement récurrent à Montpellier.

Mais cette fois-ci, si environ deux cent gilets formaient la manifestation au départ de la Comédie, il semble que c’est près d’un millier de participants qui se sont lancés dans la manif sauvage. Et cet élargissement découlait largement de la participation à la manifestation syndicale, et a permis de nouveaux liens entre Gilets jaunes et le reste de la population, à la faveur de cette grève contre la réforme des retraites.

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