Marche contre la Manif pour tous et la trans/homophobie à Montpellier

Dimanche 19 janvier, des milliers de personnes qui militent pour s’immiscer dans la vie des gens tout en leur imposant leurs propres règles culturelles et leur vision de la société, dont les collectifs Manif pour tous et Marchons enfants, se sont réunis à Paris pour protester et exiger le retrait du projet de loi de Bioéthique, examiné au Sénat mardi et qui prévoit notamment l’extension de la PMA aux couples de femmes, et aux femmes seules.

Derrière cette vision unilatérale, qui estime qu’une “bonne famille” est nécessairement composée d’un couple hétérosexuel (sans quoi l’équilibre de l’enfant se voit nécessairement perturbé) se cache une forme d’homophobie larvée et de rejet de la différence.

Bien que les collectifs organisateurs dénient toute homophobie, on constate toujours l’assimilation de l’homosexualité à une anormalité ou à la pédérastie voire pédophilie, une forme d’incompréhension face au statut des transsexuels, des alertes hystériques sur la théorie du genre, des évocations de la PMA ou de la GPA comme une forme de marchandisation de la procréation, alors qu’elles permettent à des personnes dans des situations ne leur permettant pas d’avoir d’enfants, d’accéder aux joies de la parentalité, et peuvent être très justement encadrées pour éviter tout abus. La PMA est ainsi régie en France depuis plus de 15 ans, mais ce qui fait bondir, c’est bien qu’elle soit étendue aux lesbiennes.

On prendra soin de se cacher derrière “l’intérêt supérieur de l’enfant” sans interroger les cas d’enfants éduqués par un ou des parents homosexuels, ou derrière, argument maximal, l’ordre des choses dans la nature… Rappelons à ce propos que l’homosexualité, contrairement à l’homophobie, est largement documentée dans le monde animal, elle n’a donc rien de contradictoire avec la nature et en fait même partie intégrante.

En revanche, il est des choses qui ne sont pas naturelles : les droits humains. Ou qui ne le sont plus : les libertés. Et c’est sans doute cela qui détermine le plus cette masse traditionaliste et conservatrice, en rupture avec les temps modernes. Aller militer pour empêcher ceux qui diffèrent de la norme établie, d’obtenir des droits apportant plus d’équité et d’adaptation de la société à cette différence, qui on le sait, est très largement excluante, même au 21ème siècle. Définir et encadrer les libertés à sa propre image et uniquement, par crainte peut-être, de voir un modèle chéri disparaître dans le progrès humaniste, scientifique et social.

Comme si permettre aux personnes homosexuelles ou trans d’accéder à la parentalité allait nécessairement détruire le fameux modèle familial “parfait”, dont on constate par un simple regard sur le monde dans lequel on vit, à quel point il a produit des êtres humains unanimement équilibrés et sensés, en parfaite harmonie avec la “nature” et ses congénères, depuis des millénaires…  Mais le conservatisme est ainsi, il a toujours peur que de nouveaux droits, de nouveaux acquis sociaux, de nouvelles découvertes scientifiques ne viennent ruiner l’harmonie illusoire dans laquelle il se complait, nécessairement en décalage avec une société et un monde qui évoluent sans cesse.

C’est pour protester contre ce militantisme nouveau, mobilisé contre l’évolution de droits humains, qu’une centaine de personnes s’est réunie à Montpellier pour une marche dans et autour du centre-ville, en soutien aux “gouines, queers, aux trans et aux pédés” et pour marquer fermement leur opposition à la manifestation parisienne.

 

 

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