Les enseignants-chercheurs se mobilisent contre les projets du gouvernement

Les chercheurs et enseignants de l’Université se mobilisent eux aussi au sein du mouvement social contre la réforme des retraites, mais également pour lutter contre la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR). Aujourd’hui, à 9h30, ils organisaient une action intitulée “Mur des Paperasses” sur le parvis de la faculté des Sciences de Montpellier, pour dénoncer une “culture de l’évaluation et des appels à projets” avant de rejoindre le cortège de l’intersyndicale.

En effet, la future LPPR renforce sensiblement et centralise l’accord de financements en échange de projets définis plutôt qu’en vue d’assurer la pérennité du monde de la recherche universitaire à travers des crédits de fonctionnement, créant ainsi des différenciations et une hiérarchie des universités ou organismes de recherche en fonction de leur capacité à répondre à des appels à projet, lesquels engendrent perte de temps et bureaucratisation dans le monde de la recherche. Une logique darwinienne que dénoncent nombre d’universitaires et chercheurs.

Par ailleurs, la future loi signera la fin des heures sup’ payées aux enseignants-chercheurs, tout en leur imposant du travail supplémentaire. Alors que le milieu de la recherche se précarise et se contractualise de plus en plus, la LPPR prévoit de concentrer les efforts budgétaires sur les établissements du “haut du panier”, qui sont capables de s’insérer dans une forme de concurrence internationale. Une “élitisation” du milieu universitaire qui s’oppose à la logique d’un enseignement public de qualité et accessible à tous.

Aussi la mobilisation des chercheurs s’insère-t-elle logiquement dans celle qui entame maintenant son troisième mois et lutte contre la réforme des retraites, car c’est bien le fondement ultra-libéral des politiques successives menées depuis des années et dont le gouvernement Macron-Philippe constitue le développement paroxystique qui est ici remis en cause. On cherche ainsi à appauvrir et scléroser le fonctionnement du service public pour mieux laisser la place au monde privé.

Les chercheurs, au delà du retrait de ces deux projets de loi, exigent en outre “la réaffectation des fonds du CIR (Crédit Impôt Recherche) destiné aux grandes entreprises vers l’Enseignement supérieur et la Recherche publics, un plan de recrutement massif de titulaires à la hauteur du nombre d’étudiant.e.s et des besoins publics de recherche, une démocratie universitaire et une réappropriation de l’université et des organismes de recherche par leurs acteurs, la suppression de l’ANR, de l’HCERES et des autres outils de pilotage de l’université et de la recherche.

Nous, personnels de toute l’Université de Montpellier, réunis sur le parvis de la Faculté des Sciences devant le nouveau bâtiment, affirmons notre opposition au programme concerté de destruction de nos conditions d’emploi, de travail et de vie par les contre-réformes voulues par le gouvernement d’Édouard Philippe, en particulier le projet de réforme des retraites et la future loi de programmation pluriannuelle de la recherche (LPPR).

Ces transformations systémiques de notre société mettent à mal nos libertés académiques universitaires et l’indépendance de la recherche publique au service de la population.

A compter de ce jour, notre mobilisation entre dans son acte II et se renouvelle par de nouvelles formes d’action telles que ce mur de paperasse qui symbolise la culture de l’évaluation et des appels à projets, dispendieux en temps, en financement et en énergie.

Photographies transmises par le Comité de mobilisation de l’Université

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