Port-la-Nouvelle, quand la région bétonne nos littoraux à grands coups de millions

Jeudi 5 février 2020 se tenait l’assemblée plénière du conseil régional, présidé par la toulousaine Carole Delga. Regroupant tous les élus régionaux, celle-ci devait acter notamment de grandes orientations en matière de transition écologique. La présidente, après quelques recommandations quant au coronavirus, et avoir fait observer une minute de silence en hommage à un élu lozérien récemment décédé, a entamé un discours de politique générale : emploi, jeunesse, orientation, écologie…

Mais dès les premiers mots qui évoquent le fameux développement durable que la région veut se targuer d’accompagner au mieux auprès de ses agriculteurs, le son d’un pipeau vient troubler le silence attentif des conseillers qui, surpris, se retournent les uns après les autres vers le fond de la salle.

Des militants d’Extinction Rebellion, ANV-Cop21 et du collectif Balancetonport, qui lutte contre un projet d’extension du port de Port-la-Nouvelle, dans l’Aude, déploient banderoles et drapeaux. Aussitôt rejoints par la sécurité, ils tentent tant bien que mal de tenir un discours et de pousser quelques slogans, avant d’être expulsés de la salle par une dizaine d’agents de sécurité et de membres du cabinet de la présidente de région, qui continue son discours comme si de rien n’était.

A Port-la-Nouvelle, 5500 habitants, cela fait plus de trente ans qu’on parle d’agrandir le port, propriété de la région Occitanie. Plusieurs projets ont échoué dans les années 80, 2000 et 2010, notamment grâce à l’opposition résiliente de la population locale. Après la fusion des régions, les habitants pensaient ne plus en entendre parler. Pourtant, la région a engagé près de 250 millions d’euros dans un projet disproportionné et injustifié selon ses opposants.

Menaces sur le littoral sauvage et sa biodiversité, érosion et bétonisation abusive, promesses illusoires d’un miracle économique autour de l’expansion de deux filières en déclin et participant largement à la ruine de nos écosystèmes : l’importation de pétrole, et l’exportation de blé dur, monoculture intensive… Toutefois, le projet s’est finalement inscrit dans une démarche de greenwashing de la région Occitanie, qui y a adjoint une plateforme de mise en place d’éoliennes marines, représentant seulement 1/5ème de son investissement. D’autre part, le chiffre de 3000 emplois générés avancé par les élus semble clairement démagogique.

Après l’action menée avec Extinction Rebellion, des membres du collectif Balancetonport nous expliquent en quoi nos élus engagent Port-la-Nouvelle dans un projet climaticide et destructeur pour la biodiversité locale, alors que de nombreuses absurdités économiques le traversent.

 

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