Coronavirus : Montpellier, promenade hors du temps

C’est d’abord une forte sensation de vide, qui entre en résonance avec les longues artères désertées, où flânent quelques badauds parfois masqués. Puis, une perte de sens, lorsque l’on prend conscience de l’association incongrue de deux images sous nos yeux  : un ciel parfaitement bleu, sans nuages, et l’Écusson qui se déploie, presque vide.

Peu à peu, l’esprit s’habitue à cet étrange calme. Débarrassé de toute perturbation, il se laisse déambuler à travers les petites rues du centre, et progressivement, intègre les perspectives architecturales nouvelles que redessine l’absence humaine dans l’espace urbain, réapprend les lignes et les brisures de la lumière intense qui joue avec la pierre blanche des immeubles.

Serein, loin des bruits des moteurs, des visages anonymes qui passent dans le champ, l’oeil s’abandonne bientôt sur des détails inédits, prend le temps de réinterroger les formes qu’il croise au travers de son périple.

La ville a pris des airs de fin du monde, pourtant, des fenêtres entrouvertes, on entend grouiller la vie, les bruits de couverts qui claquent sur les assiettes, les enfants qui s’exaltent, les gentilles engueulades…

Ce monde arrêté est-il l’image de celui de demain ? Lorsque le rythme effréné de nos existences, de nos modes de vie, nous aura imposé de tout cesser pour tout simplement survivre ?

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