Point Covid-19 : baisse des cas en réanimation mais tensions “extrêmes” sur les médicaments

Le nombre de cas de patients en réanimation à cause du Covid-19 est en baisse en Occitanie, comme sur tout le territoire. Alors qu’au pic de la crise, la région comptait 333 patients en réanimation, ils ne sont plus que 192, avec la stabilisation de taux d’évolution journaliers négatifs. En outre, de moins en moins de personnes entrent en réanimation.

Toutefois, le nombre de décès en établissements de santé continue d’augmenter et a même subi une accélération soudaine avec 18 décès le 20 avril, franchissant la barre des 300 depuis le début de la pandémie en Occitanie. Ce total se chiffre aujourd’hui à 342 décès.

La tension s’accroît sur le matériel et les médicaments

De nombreux établissements de santé, qu’ils soient publics ou privés, alertent sur des pénuries effectives ou à venir de médicaments, matériels et consommables. Au delà des manques de surblouses, gants ou décontaminants qui concernent quasiment tous les établissements, dont certains alertent d’ailleurs sur la hausse des prix dans leurs réseaux d’approvisionnements, près d’une trentaine d’entre eux dans la région connaissent des tensions sur les médicaments notamment utilisés en réanimation, hypnotiques et curares (propofol, midazolam, hypnovel).

Cette crise d’approvisionnement n’est pas propre à l’Occitanie et concerne l’ensemble du territoire. C’est pourquoi l’État s’est, dans une note d’alerte que nous avons pu consulter, arrogé le monopole de l’achat de ce types de médicaments, dont il assurera la redistribution sur l’ensemble du territoire. Reconnaissant que “des tensions extrêmement fortes existent pour cinq molécules nécessaires à la prise en charge des patients atteints du Covid-19” (les formes injectables de deux hypnotiques : midazolam, propofol ; et de trois curares : atracurium, cisatracurium, rocoronium), l’État annonce la mise en place d’un “nouveau système d’achat et d’approvisionnement” effectif à compter du 27 avril 2020, sous l’égide des Agences régionales de santé, qui feront chaque lundi un point d’approvisionnement pour la semaine à venir.

Jusqu’au 24 avril, les établissements peuvent encore passer commande auprès des laboratoires pharmaceutiques, du moment que celles-ci n’excèdent pas l’équivalent de cinq jours de stock. Au delà de ce nouveau système, le document appelle les établissements de santé, “pour éviter une rupture de stock effective sur le territoire français à court terme, il est impératif que chaque service mette en oeuvre dès à présent des mesures d’épargne de doses des médicaments concernés et ait recours à des alternatives thérapeutiques.” Aux hôpitaux de se serrer la ceinture donc, en attendant que l’État rattrape comme il le peut  son impréparation face à la pandémie.

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