Les Gilets jaunes de Gignac à nouveau réprimés

Pour la seconde fois, les Gilets jaunes de Gignac qui organisaient une nouvelle action de visibilité sur le rond-point d’Intermarché ce jeudi 28 mai, ont reçu la visite de  gendarmes et de policiers municipaux leur priant de “dégager les lieux”, après le départ des médias présents. Les participants assuraient pourtant le respect des gestes barrières, et s’étaient disposés par groupes de neuf personnes maximum. “L’objectif était d’engager le dialogue avec la population sur « le monde d’après », à l’aide de pancartes et de banderoles (Décroissance maintenant ou effondrement, Démondialisons, Débranchons, Décélérons, L’après ne sera pas comme l’avant, on n’oubliera rien, Merci aux derniers de cordée, Nos vies valent plus que leurs profits, Pour eux des c…s en or, pour nous des nouilles encore)” expliquent les Gilets jaunes de Gignac dans un communiqué de presse.

Une démarche qui n’a pas été du goût de la maréchaussée, qui a alors relevé les identités et adresses des personnes présentes.

Contestant le caractère inaliénable du droit d’expression et de manifestation, les gendarmes ont invoqué un décret du 11 mai 2020 interdisant toute manifestation ou rassemblement de protestation – même de moins de 10 personnes – sur tout le territoire.

Encore une fois, l’approximation qui caractérise les connaissances légales d’un certain nombre de policiers ou gendarmes vient résonner dans un discours répressif binaire. Le décret n° 2020-548 du 11 mai 2020 qui établit effectivement les conditions d’application de l’État d’urgence sanitaire dans le cadre du déconfinement, prescrit que “tout rassemblement, réunion ou activité à un titre autre que professionnel sur la voie publique ou dans un lieu public, mettant en présence de manière simultanée plus de dix personnes, est interdit sur l’ensemble du territoire de la République. Lorsqu’il n’est pas interdit par l’effet de ces dispositions, il est organisé dans les conditions de nature à permettre le respect des dispositions de l’article 1er.” A savoir les gestes barrières.

Un rassemblement de Gilets jaunes sur un rond point, organisé dans le respect de ces règles, n’a donc pas à faire particulièrement l’objet de mesures de contrôle et de l’instruction de quitter les lieux. Si les relevés effectués par les gendarmes aboutissent à des verbalisations, celles-ci devraient ainsi être contestables. “Au-delà de ces incohérences, la multiplication des mesures arbitraires indique que le gouvernement entend étendre son contrôle social de la société, dans le domaine public et même privé.”

Effectivement, hier, alors même que seuls quelques groupes de Gilets jaunes s’étaient réunis sur la place de la Comédie, par moins de dix personnes à la fois, la police est venue mettre la pression aux participants en les menaçant de les verbaliser s’ils ne dégageaient pas la place. Les réseaux sociaux commencent également à se faire l’écho d’interventions abusives sur des actions entreprises par des Gilets jaunes à travers le pays.

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