“Justice pour Mohamed!” – Marche blanche en hommage à Mohamed Helmi Gabsi

Béziers, samedi 20 juin 2020, 15h – Sous les volets clos de la sous-préfecture de l’Hérault, une masse humaine blanche se dessine minute après minute. Partout, sur des pancartes, des t-shirts, des feuilles brandies, un même visage, et deux noms : celui de la Justice, et celui de Mohamed Helmi Gabsi, décédé lors de son interpellation violente par la police municipale de Béziers, le 8 avril 2020, pendant le confinement.

Le soleil est venu auréoler avec une bienveillance fraternelle la foule de près d’un millier de personnes. Après l’annonce du programme, les gorges se serrent lors d’une prière commune en l’hommage du frère, du cousin, du fils, de l’aimé, du voisin, de l’ami de tous, l’émotion unit toutes les âmes présentes autour de la mémoire de l’être humain, autour des sanglots de la perte, des larmes de l’injustice.

Le cortège se rend dans un silence respectueux vers les lieux du drame, où les municipaux ont violemment saisi Mohamed. A travers sa soeur Houda, qui tient là un discours où s’entremêlent la force et la dignité, à travers l’écho des personnes recueillies ensemble, résonnent les derniers mots du père de trois enfants : “Aidez-moi, ils veulent me tuer !

Quelques mois auparavant, les municipaux biterrois avaient déjà envoyé Mohamed aux urgences, victime d’un arrêt cardiaque de trois minutes lors de son interpellation. Bientôt, alors que les dernières paroles sont prononcées d’une voix étranglée, les pleurs se transforment en colère, et les murs des immeubles retentissent à l’unisson : “Justice pour Mohamed ! Justice pour Mohamed !

Un cri qui ne quittera pas le cortège tout au long de la manifestation, qui passant sous les fenêtres de l’hôtel de ville et les yeux d’une compagnie de gendarmes mobiles, reprend en choeur : “Ménard assassin, municipaux assassins !” Le maire de Béziers, qui use constamment d’une rhétorique raciste et belliqueuse, est aussi celui qui annonçait en grande pompe l’achat d’un “nouvel ami” pour sa police municipale : des pistolets automatiques. Les manifestants, au bout d’une longue marche sous une chaleur écrasante, retournent devant la sous-préfecture.

Le combat de la famille de Mohamed Gabsi ne s’arrêtera pas à cette marche, pour faire rendre justice à celui que tous ont, ce jour, en défilant dans le centre-ville de Béziers, honoré d’un hommage unanime. De prochaines actions auront lieu, dont il faudra suivre le déroulement sur la page du comité de soutien qui s’est monté.

 

 

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