Rapport scientifique accablant sur la nocivité du gaz lacrymogène

L’Association Toxicologie Chimie de Paris a publié ce jour un rapport scientifique de 126 pages synthétisant la question de la nocivité du gaz lacrymogène. Il s’agit du fruit d’un long travail porté par le biologiste Alexander Samuel, qui avait l’an passé mis en place un protocole de test sanguin des effets du gaz lacrymogène, et notamment de la présence de cyanure dans le sang.

Un travail de synthèse remarquable

Mondialement, il existe de nombreuses études sur le gaz CS, mais beaucoup ne sont pas accessibles au public car elles ont été réalisées dans un contexte militaire. L’utilisation de ce gaz incapacitant est d’ailleurs proscrite sur le terrain de la guerre par la Convention de Genève, mais les pouvoirs l’utilisent toujours plus abondamment dans les situations d’émeutes. Le rapport revient dans un premier temps sur l’histoire de cette arme chimique, dont la genèse remonte à la première guerre mondiale, et établit une typologie des grenades et sprays utilisés dans le maintien de l’ordre en France.

En 1998, le Spray CS est extrêmement concentré en France,atteignant en aérosol 5% de CS alors qu’il n’est que de 1% aux Etats-Unis. Le Spray français délivre un volume de5 ml alors que le Spray américain ne délivre qu’un volume de 1 ml. Ainsi, le Spray de fabrication française est 25 fois plus concentré que le Spray de conception américaine. C’est dans ce contexte qu’un document de travail du Parlement Européen a pointé du doigt la France en 1998.

Le rapport expose ensuite la liste des effets directs du gaz lacrymogène sur le corps : dermatites, brûlures pouvant aller jusqu’au 3ème degré, nausées, vomissements, diarrhées, hématémèses, syndromes de dysfonctionnements des voies respiratoires, atteintes hépatiques… L’utilisation de sprays CS à bout portant peut entraîner la perforation de la cornée.

L’intoxication au cyanure et ses conséquences sur l’organisme

La question de la présence de cyanure dans le sang après une exposition au gaz CS est abordée et expliquée scientifiquement, par la dégradation de l’ortho-Chlorobenzylidènemalonitrile (CS) dans le corps, laquelle produit entre autres des thiocyanates, éléments toxiques peu à peu éliminés par l’organisme. Le rapport revient sur l’ensemble des produits de la dégradation du CS dans le corps.

A Montpellier, en Juin 2019, la Concentration en Cyanure a été mesurée directement dans le Sang, suite à une Exposition aux Gaz lacrymogènes […] (T0, avant Exposition; T1, le plus rapidement possible après Gazage: entre 5 et 15 minutes; et T2, 10 minutes plus tard). […] Les Résultats sont reportés dans le Tableau 4. Ils indiquent que le Niveau de Cyanure après Exposition aux Gaz CS atteint des Niveaux supérieurs au Seuil de dangerosité de 0,5 mg/L.

Le rapport met le doigt sur le fait que c’est particulièrement la question du cyanure qui pose souci avec le gaz lacrymogène. Les intoxications au cyanure sont largement documentées par la littérature scientifique, et partagent en effet de nombreux symptômes avec le gaz lacrymogène : dégradations au niveau du système nerveux central, du système cardio-vasculaire, lésions cérébrales, neuropathies, anémies…

Plus l’exposition se fait à doses répétées et à long terme, et plus elle peut entraîner des dommages graves. L’usage massif et hebdomadaire de gaz lacrymogènes lors des manifestations des Gilets jaunes pose donc hautement question. Question qui se pose également pour les fonctionnaires de police et de gendarmerie mobile dont l’exposition au gaz CS s’accroit donc au fil du temps.

La persistance de certains effets secondaires dans le temps nous a été rapportée de nombreuses fois par des sources dans le mouvement Gilet jaune notamment : diarrhées, fatigue, perte de poids, irritations des voies respiratoires ou des yeux, de la peau, nausées… Elle est également évoquée par le rapport, qui constate qu’il faut environ 50 à 60 jours pour que le corps soit entièrement décontaminé.

Le Gaz lacrymogène CS a été longtemps présenté comme Inoffensif pour la Santé. Son Emploi a été justifié comme étant moins Létal et entraînant moins de Traumatisme que d’autres Techniques de maintien de l’ordre. Cependant, dès sa première Utilisation civile, des Cas inexpliqués de Morts ont entraîné de fortes Inquiétudes parmi la Population. Les Effets néfastes tant aigus,qu’à plus ou moins long terme sur la Santé sont évidents et par exemple bien connus officiellement pour les Militaires et les Forces de police.

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