Nouveau squat St-Vincent-de-Paul à Montpellier : appel aux dons et à la solidarité

Jeudi 30 juillet, début d’après-midi. Le soleil écrase de sa chaleur l’angle des rues de l’Abbé de l’épée et Saint-Vincent-de-Paul. Au milieu de la façade décrépie de ce bâtiment longtemps abandonné, une ancienne porte, murée et recouverte de l’image d’un Pierrot de la Lune. Au-dessus, une banderole prend le vent : “Appel à dons”, avec une liste de produits de première nécessité.

Relogement d’urgence réussi

Cela fait presque une semaine que la déclaration de l’ouverture de ce nouveau squat a été faite auprès des pouvoirs publics et de la presse, à la suite des expulsions touchant le CSA Bonnard (Notre reportage : La Préfecture ment, la rue agit). Les ouvreurs et ouvreuses ont fait place aux familles de demandeurs d’asile originaires d’Afrique ou d’Europe de l’Est, et peu à peu la vie s’organise. La Mule est accueillie par E., géorgien qui semble chapeauter l’organisation des lieux, essentiellement tournés vers l’accueil de familles.

Très affable bien qu’interrompu au beau milieu de travaux de plomberie, il nous fait faire le tour du propriétaire. Pour l’instant, entre cinquante et soixante personnes ont déjà investi le bâtiment, dont une vingtaine d’enfants de tous les âges. Nombreux résidents s’affairent à de petites rénovations, du nettoyage et du rangement. Il faut notamment prévenir de tous risques pour les enfants qui évoluent dans un bâtiment abandonné pendant plus de cinq ans. Les chambres sont réparties en secteurs correspondant aux origines géographiques des habitant·es. La cuisine est déjà opérationnelle. La cour accueille les jeux des enfants.

Un appel aux dons et à la solidarité

La rapidité avec laquelle les lieux se sont remplis témoigne de la réalité de la précarité des migrant·es et demandeurs d’asile à Montpellier. Selon les témoignages, la transition entre le CSA Bonnard et ce nouveau bâtiment a été vecteur de stress et d’incertitudes, et le placement en chambres d’hôtel pour seulement quatre nuitées, une solution illusoire bien que sécurisante pour les enfants. Depuis leur installation, il.elles ont bénéficié de la solidarité de voisins qui leur ont fourni vivres et produits d’hygiène.

Toutefois, entre le manque de ressources et d’argent, et le temps dépensé à rénover les lieux, les habitant·es vivent toujours dans une certaine précarité. C’est pourquoi un appel aux dons et à la solidarité a été lancé : eau, nourriture, produits d’hygiène, literie et matelas, produits de ménage ou de bricolage, argent… Tout ce qui peut servir est bienvenu ainsi que les coups de main solidaires en matière de travaux de rénovation.

 

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