DAL Montpellier interpelle Emmanuelle Wargon sur la crise du logement à Montpellier

La ministre du logement Emmanuelle Wargon était de passage hier à Montpellier à l’occasion du lancement du plan “Logement d’abord” sensé répondre à la promesse de campagne irréaliste du candidat Macron de ne plus voir aucun SDF dans la rue avant la fin de l’année 2017… Depuis, les chiffres du mal-logement se sont accrus de manière alarmante et la crise du coronavirus est venue empirer cette situation de manière catastrophique. Droit au Logement Montpellier a émis un communiqué de presse dans lequel il interpelle la ministre sur la situation du Clapas.

Stop à l’État défiance, stop à l’État Démission !

Montpellier, le 10 Septembre 2020

À l’occasion de la visite de la Ministre du logement à Montpellier, le comité DAL/ DAL HLM de Montpellier ne peut qu’attirer l’attention de cette dernière sur les carences locales de l’Etat, sa démission quant au droit au logement.

Alors que des instructions ministérielles, du 2 juillet 2020, obligent les préfets à ne procéder à aucune expulsion sans relogement, plusieurs centaines de personnes vivant en squat ou des personnes isolées, ont été directement mises à la rue, ces toutes dernières semaines.

De nombreux locataires en impayés ou en procédure d’expulsion se sentent abandonnés. Les relations avec les services de la DDCS (administration de l´Etat chargée du logement) sont difficiles, tant sur les possibilités d’accéder aux agents suivant leur dossier ou leur procédure DALO que sur les solutions d’hébergement ou de relogement. Les agents de l’état ou les services sociaux semblent dépassés, démobilisés.

Début juillet 2020, devant plusieurs associations, la préfecture s’était engagée à la mise en place d’une commission DDCS/associations de locataires. Cette idée de bon sens, qu’il faudrait mettre en place en urgence, est restée lettre morte.

La suppression du secrétariat d’État à la lutte contre l’exclusion, l’absence de prise en compte des personnes en grande précarité dans le plan de relance laissent planer de graves doutes sur la volonté du gouvernement LREM de lutter contre la pauvreté.

L’approbation par l’État des conditions de vie indignes et insalubres dans les foyers ADOMA, des propositions de relogement inadaptées, au détriment des résidents, confirme également ces craintes et ces doutes.

Personne ne mérite la rue ! Nous rappelons les 3 décès de personnes à la rue, intervenus en décembre 2019. Les dispositifs d’hébergement s’installent dans une routine désinvolte sur le sort des personnes à la rue, renforcent les ségrégations. Le droit à un hébergement, adapté, est inconditionnel, tel que le souligne la loi !

Nous demandons un travail effectif et sincère sur la prévention des expulsions comme sur la mobilisation des 12 000 logements vacants de Montpellier.

Nous appelons l’État, et ses administrations locales, à respecter la loi, à renouer le dialogue avec toutes les associations, à retisser des liens de respect avec les usagers, les citoyens, les personnes sans abri ou mal logés, à tenir ses promesses sur les expulsions, à conduire une véritable politique de lutte contre les exclusions.

Il y a urgence ! C’est un enjeu de cohésion sociale, de vivre ensemble !

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