Gilets Jaunes #12septembre – Toulouse, disperser pour mieux réprimer

Le rendez-vous était donné à partir de 10h sur les rond-points des communes environnant Toulouse, comme au début du mouvement en novembre 2018, pour se rendre plus tard à 14h dans le centre de la ville rose sur la place Jean Jaurès, où un important dispositif policier était déployé.

Malgré l’interdiction de manifester édictée le 11 septembre par le Préfet de la Haute-Garonne Étienne Guyot, des centaines de gilets jaunes se sont rassemblé·es. Lors de cette manifestation, il n’y a pas eu de tête de cortège, car à chaque fois qu’un groupe se formait les forces de l’ordre, BAC, gendarmerie mobile et CRS, intervenaient en dépit de la présence d’enfants ou de personnes âgées, avec un usage assez intensif de gaz lacrymogène.

Une dizaine de personnes ont été interpelées violemment, avec des plaquages au sol, technique policière dangereuse mais encore autorisée en France, en plus des personnes verbalisées pour participation à une manifestation interdite. Pendant le déroulement de la manifestation, il n’y a semble-t-il pas eu de dégradations notables de biens publics ni privés.

“Quand la vérité n’est pas libre, la liberté n’est pas vraie.”

14h15 – Des tensions apparaissent suite à une interpellation musclée sans justification apparente

Guitare cassée laissée par terre suite à la précédente interpellation

Grenade lacrymogène envoyée dans l’entrée de la station de métro Jean Jaurès, pour “inviter les participants à quitter les lieux”…

“Toulouse, Toulouse, soulève-toi !”

Merci aux street-medics toujours présents

Référendum d’Initiative Citoyenne

Gilets jaunes Toulouse

J’ai clairement entendu un policier lui dire que ce n’était pas la bonne personne, mais son collègue a répondu “on l’embarque quand même”.

Rue Saint-Rome, des policiers remontent le cortège en cherchant des manifestants soit pour les interpeller soit pour les verbaliser.

Rue d’Alsace-Lorraine : “L’avenir de nos enfants en danger” disait sa pancarte. Verbalisé.

Rue d’Alsace-Lorraine : A bas la société du contrôle

Rue d’Alsace-Lorraine : “Je ne chante pas pour chanter ou pour avoir une bonne voix, je chante parce que la guitare a du sens et de la raison” – Victor Jara

Le rituel du passage au gaz

Fin de la manifestation avenue Jean Jaurès, de nouveau des gaz lacrymogènes.

Ceux qui travaillent ont peur de perdre leur emploi.

Et ceux qui ne travaillent pas ont peur de ne jamais trouver de travail.

Qui n’a pas peur de la faim, a peur de la nourriture.

Les automobilistes ont peur de marcher et les piétons peur d’être écrasé.

La démocratie a peur de se souvenir et la langue a peur de dire.

Les civils craignent les militaires. Les militaires ont peur du manque d’armes.

Les armes ont peur de l’absence de guerre.

C’est le temps de la peur.

La peur de la femme de la violence de l’homme et la peur de l’homme de la femme sans peur.

Peur des voleurs et peur de la police.

Peur de la porte sans serrure.

A l’époque sans montres.

L’enfant sans télévision.

Peur de la nuit sans somnifères et du matin sans pilules de réveil.

Peur de la solitude et peur de la foule.

Peur de ce qui était.

Peur de ce qui sera.

Peur de mourir

Peur de vivre

La peur mondiale – Eduardo Galeano

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