Des habitant·es de Figuerolles se mobilisent pour préserver la friche de Mimi

C’était l’un des coeurs du quartier de Figuerolles, qui abritait le théâtre la Vista et de nombreux acteurs culturels sur les lieux d’une ancienne scierie industrielle. La Friche de Mimi, ouverte par son ancienne propriétaire Mimi Vergnes, les accueillait pour des loyers très modestes pendant plus de vingt ans. Mais hélas, avec le décès de celle-ci, les lieux ont finalement été vendus par l’héritier au bénéfice d’un gros projet promoteurial privé. Depuis deux ans, les habitant·es du quartier se sont organisé·es autour du collectif Figuerolles en Friche, pour dénoncer le manque de volontarisme de la Mairie de Philippe Saurel, qui aurait pu préempter les lieux en vue de les préserver. A l’époque, un de leurs soutiens les plus en vue était un certain… Michael Delafosse.

Les riverain·es veulent pressuriser la nouvelle municipalité

Ce mercredi 23 septembre, une mobilisation était organisée devant l’ancienne entrée de la Friche par Figuerolles en Friche et le collectif Erma Selva, pour protester contre le projet immobilier prévu sur le site : une verrue de cinq étages en aérien et deux en sous-sol, devant accueillir plus de 130 logements. Dans le respect des gestes barrières et de la distanciation sociale, une soixantaine de personnes ont formé une chaîne humaine devant l’îlot Vergne, portant chacun·e l’une des lettres du slogan suivant : “Non à la bétonisation, oui à un îlot de fraîcheur !

“Les quartiers, il faut les faire vivre, il faut montrer aux gens qu’on s’intéresse à eux, surtout un quartier comme celui-là.

Si vingt ans de culture sont enterrés, autant se dire que pour n’importe quel lieu à Montpellier… Si [la friche de Mimi] n’a pas d’importance, le reste n’en aura pas non plus…”

Au delà de la perte au niveau culturel pour le quartier, les opposant·es dénoncent également un projet qui va accentuer l’imperméabilisation des sols, sur un secteur déjà en proie aux inondations lors des fortes pluies. Les riverain·es craignent que les travaux d’aménagement des parkings souterrains sur deux étages ne viennent dégrader cours d’eau souterrains et nappe phréatique. Un axe qui pourrait permettre d’entraver légalement le projet.

Delafosse, entre démagogie et réalité

Le projet sur l’ancienne friche de Mimi s’inscrit dans le cycle de bétonisation inarrêtable qui frappe la métropole de Montpellier depuis des années, alors que le nombre d’habitant·es s’accroit de près de 2500 en moyenne chaque année depuis vingt ans. La ville garantit de grands projets promoteuriaux et ne fait rien pour entraver les démarches privées. Aussi, on assiste depuis des années à la disparition de nombreuses villas ou de friches dans les quartiers résidentiels au bénéfice de grands ensembles bien plus lucratifs, qui participent de la hausse continue du foncier.

En dépit du soutien passé du nouveau maire Michael Delafosse, qui porte en étendard le discours écologiste depuis qu’il s’est rendu compte qu’il était indispensable de se teinter de vert pour remporter les scrutins des grandes villes, les services municipaux auraient assuré aux riverain·es ne pas avoir les fonds nécessaires pour racheter l’îlot Vergne. Une mesure qu’avait pourtant promue l’élu Delafosse à l’époque. “Il est écolo parce que toi tu veux qu’il le soit, c’est ça les politiques…” peste une opposante au projet.

Pour l’heure, la municipalité assure négocier avec les promoteurs pour assurer la présence d’une crèche et d’une poignée de logements sociaux au sein du complexe immobilier, arguant que la priorité est de favoriser la construction de nouveaux logements. Du reste, aucun représentant de la mairie n’était présent mercredi soir pour échanger avec les riverain·es.

 

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