Après la mort de Doona, étudiante transgenre, des questions et un appel au rassemblement

Ce mercredi 23 septembre, Doona, une étudiante transgenre en situation de précarité, a tragiquement mis fin à ses jours à la gare Saint-Roch de Montpellier. La jeune femme, âgée de 19 ans, qui logeait à la Cité universitaire Vert-Bois, avait déjà fait plusieurs tentatives et était suivie par la médecine préventive de l’université Paul-Valéry.

Polémique autour du suivi médico-social

Alors que des polémiques enflent autour d’un suivi inadapté du CROUS quant à son profil, et de manière plus large autour des problématiques LGBTI+, l’association “Fierté Montpellier Pride” et des syndicats comme le SCUM ou Solidaires Étudiant·es Montpellier, ont appelé à un rassemblement contre la transphobie et en hommage à Doona, devant le CROUS ce lundi 28 septembre à midi, puis mercredi 30 septembre devant la Gare Saint-Roch à partir de 14h.

C’est le Syndicat de combat universitaire de Montpellier, qui a le premier sonné l’alerte dans une lettre adressée au CROUS, après le suicide de la jeune femme, alors que des proches sont venu·es lui rapporter des éléments troublants : “Il lui aurait été dit, lors de la réunion de ce mercredi 23 septembre, soit quelques heures avant son suicide, qu’elle ne pouvait pas recommencer sous peine d’être expulsée de son logement.” Le SCUM dénonce le CROUS comme “une machine bureaucratique qui traite les plus fragiles comme de simples numéros avec le mépris et l’infantilisation qui vont bien“.

Dans sa réponse que nous avons pu consulter, Pierre Richter, directeur général du CROUS Montpellier-Occitanie, assure que “l’ensemble des équipes du Crous a montré un dévouement et un professionnalisme exemplaires dans l’accompagnement de Doona […] Vous êtes mal renseignés, puisque plusieurs tentatives de suicide ont eu lieu à la cité universitaire Vert-Bois, et que les équipes du Crous, le directeur de la cité en tête, (et le service social de son côté) ont tout fait pour éviter le pire.”

Une vulnérabilité peu prise en compte ?

Des efforts qui n’auraient visiblement pas porté leurs fruits dans le cas de Doona, et qui appellent à la vigilance quant à la réalité des moyens mis en oeuvre pour l’accompagnement médico-social des étudiant·es. Selon plusieurs études, les personnes trans sont dix fois plus susceptibles de se donner la mort que les personnes cisgenres. “Ce n’est pas la situation trans* qui conduit les personnes transgenres au suicide, mais c’est le regard que la société porte sur elles qui les rend vulnérables.

Dans leur appel au rassemblement, les syndicats pointent du doigt ce qui pourrait être vu comme une large carence des instances universitaires en ce qui concerne les problématiques liées aux LGBTI+, comme aux situations de précarité. “Nous exigeons que le CROUS de Montpellier reconnaisse ses fautes et prenne des mesures concrètes en urgence : la formation des personnels CROUS et hospitaliers aux questions LGBTI+ et relatives à la santé mentale, l’impossibilité pour le CROUS d’exclure les étudiant-e-s de leurs logements (avec la transformation des droits d’occupations en baux de droits communs), la création de cellules psychologiques non-mixtes LGBTI+ afin de rendre compte à l’administration des universités de la transphobie et de ce qu’il doit être fait pour y remédier, la création d’une commission contre les discriminations au CROUS, ainsi qu’un fond d’aide aux personnes trans.

Plusieurs autres rassemblements en hommage à Doona sont organisés partout sur le territoire, à Toulouse, Bordeaux, La Rochelle ou encore Paris.

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