7 journalistes violenté·es lors du rassemblement contre la loi Sécurité Globale à Paris

Visiblement, les forces de l’ordre sont en avance sur l’agenda législatif. A Paris, lors d’un rassemblement réunissant plusieurs milliers de personnes contre la loi de Sécurité Globale, alors même que les députés étaient en train d’examiner celle-ci, les policiers ont violenté, menacé et même interpellé plusieurs de nos consoeurs et confrères, s’appuyant, selon certaines vidéos diffusées sur les réseaux sociaux (ce qui deviendra complexe après le passage de cette loi), sur le récent Schéma national du maintien de l’ordre ou sur la loi anti-casseur. Ainsi des “sommations pour les journalistes” ont pu être entendues, alors que des violences s’abattaient indistinctement sur certain·es d’entre eux.elles.

Ainsi de notre consoeur Hannah Nelson, photojournaliste pour le média Taranis News, âgée de seulement 18 ans, traînée au sol par les cheveux avant d’être interpellée et placée en garde à vue :

Ainsi de notre confrère Clément Lanot du média LinePress, menacé d’interpellation pour sa simple présence sur les lieux. On notera l’invocation du récent Schéma national du maintien de l’ordre, qui n’a pourtant apporté aucune disposition législative venant entériner le fait pour les journalistes de devoir quitter les lieux après sommation, ce document restant un plan d’action pour le gouvernement :

Ainsi de notre confrère Nnoman Cadoret, qui a reçu plusieurs coups de bouclier et de matraque :

Ainsi de notre confrère Simon Louvet, poussé et matraqué, que l’on voit ci dessous filmé par Rémy Buisine lui aussi victime de coups de matraque et menacé d’interpellation :

Ainsi également de nos confrères Taha Bouhafs et Ulysse Logéat ayant subi eux aussi des violences. Une vidéo du premier montre la dispersion au canon à eau de cette manifestation où étaient présent·es de nombreux·ses journalistes, pour protester contre la proposition de loi liberticide de Sécurité Globale, présentée par la majorité LREM et soutenue par le gouvernement.

MAJ: Un journaliste de France 3 Paris Île de France a lui aussi été placé en garde à vue et y a passé la nuit. Hannah Nelson a finalement été relâchée mercredi 18 en milieu de journée, écopant d’un rappel à la loi.

Nous alertons depuis maintenant plus de deux semaines, comme l’ensemble des médias indépendants, sur les dangers que ferait peser une telle loi sur la pratique journalistique, contre-pouvoir démocratique essentiel. L’article 24, qui interdit de diffuser l’image de forces de l’ordre identifiables, va surtout permettre les interpellations massives des journalistes indépendants qui couvrent les manifestations et documentent notamment les violences policières.

Pour tout savoir sur la loi de Sécurité globale, dénoncée par la presse, la Défenseure des droits, la Commission des droits de l’Homme, l’ONU… : https://www.lamuledupape.com/?s=loi+s%C3%A9curit%C3%A9+globale

Ah oui, et au fait…

Couverture : Acte 70 GJ Paris; Photocratie.

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