Grève « historique » des Assistants d’éducation ce mardi 1er décembre

Le lycée Georges-Clemenceau.

 

Ce sera un événement « historique ». Ce mardi 1er décembre, des assistants d’éducation (AED) vont se mettre en grève. Une première depuis la création de leur contrat, en 2003. Deux rassemblements sont prévus ce mardi à 14 heures : devant le rectorat, rue de la Candolle, à Montpellier ; et devant la sous-préfecture, place du Général de Gaulle, à Béziers.

Le collectif Vie S’Colère 34, créé il y a deux semaines, regroupe des assistants d’éducation en poste dans des collèges et lycées de l’Hérault. « 55 membres sur le groupe Whatsapp« , indique Maxime*, AED d’un lycée montpelliérain, qui souhaite rester anonyme – « on a des pressions » – et indique gagner environ 1200€ pour des semaines de 41 heures. Maxime dénonce les conditions de travail des AED, qui se dégradent encore. En ces temps de crise sanitaire, leur « emploi du temps change tous les deux-trois jours » et ils doivent jongler « entre des mesures sanitaires et sécuritaires » parfois « contradictoires« . « On nous dit de tout ouvrir, puis de tout fermer. Les portails sont fermés, avec un AED devant tout le temps« . « Les directions se couvrent, elles donnent des directives qui ne sont pas adaptées« .

« Le protocole sanitaire et surtout sécuritaire alourdit le temps de travail. Et le contenu du travail, qui est éducatif, bascule sur un aspect répressif« , déplore Yann Dubois-Luis, AED au collège René-Cassin, à Agde. Maxime évoque par exemple « des injonctions à surveiller et dénoncer les comportements de gamins qui seraient « non-républicains » lors des hommages à Samuel Paty« . Comme Maxime, Yann sera du rassemblement montpelliérain, ce mardi. Pour lui, ces mesures sécuritaires, « c’est l’étincelle, ce qui a matérialisé le trop-plein« . Mais elles servent surtout de « miroir grossissant sur nos problèmes de précarité, de manque de reconnaissance professionnelle« .

Alors que les AED signent des CDD renouvelables sur six ans, Yann milite pour leur titularisation. « Certains AED reçoivent des pressions du chef d’établissement et se sentent en insécurité par rapport au renouvellement de leur contrat« . « Cela valoriserait notre travail éducatif« , reprend Yann, qui veut voir les AED, « considérés comme des personnels jetables alors que ce sont souvent ceux qui passent le plus de temps avec les élèves, reconnus comme des membres à part entière de l’institution« . En plus de ce changement de statut, qui leur permettrait aussi de valider leurs acquis, Yann met la priorité sur « un plan d’embauches massives » dans les vies scolaires, indiquant que « les absents sont rarement, voire jamais remplacés« . Il souhaite aussi une « prime Rep et Rep + » pour ceux qui exercent dans les zones « Réseau d’éducation prioritaire », semblable à celle que les professeurs ont touchée après le premier confinement.

De la clarification de leur mission au changement de statut, en passant par une augmentation de salaire, une meilleure reconnaissance et un désir de stabilité, les revendications sont nombreuses pour ce secteur sous-évalué depuis toujours, et pourtant indispensable au fonctionnement de nos collèges et lycées. Et qui se manifestera donc pour la première fois demain.

*prénom modifié

 

Les Assistants d’éducation se réuniront à 14 heures devant le rectorat, rue de la Candolle.







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