Loi Sécurité Globale : 1500 manifestant·es et du gros son

Ce samedi 13 février, environ 1500 personnes ont participé à la manifestation contre la loi Sécurité globale, qui cette fois, a évité le centre-ville. Rendez-vous était donné à 10 heures au parc Tastavin, où la sono chauffait ses baffles à côté d’un marché bien fréquenté.

Massivement contesté depuis fin novembre, le projet de loi Sécurité globale sera examiné par le Sénat mi-mars, avant de repasser par l’Assemblée nationale. « Le gouvernement a modifié le calendrier parlementaire car il s’est senti en difficulté par rapport aux mobilisations de novembre-décembre, explique Christophe, du collectif Danger Loi Sécurité Globale. Il joue la montre. Il espère que notre colère va s’affaiblir. Ne lui donnons pas raison […] Avec cette loi viendrait tout un arsenal d’outils pour restreindre les libertés publiques et amplifier la répression : empêcher de filmer les violences policières, la surveillance généralisée par drones et par caméras piéton, l’octroi de dangereux pouvoirs aux entreprises privées de sécurité ».

Une loi qui permettra également d’alimenter le fichage à grande échelle permis par un décret du 2 décembre dernier. « L’État fiche désormais non seulement les actions, mais aussi les simples opinions politiques, syndicales ou religieuses », rappelle Christophe, qui constate que « depuis 20 ans, les lois sécuritaires et répressives se sont empilées. Elles ne font pas reculer la sécurité. Notre société est toujours plus violente. La première des violences, c’est la violence sociale. Celle qui plonge de plus en plus de gens dans la misère et la précarité. La première des sécurités, c’est de bien pouvoir se loger, se nourrir, être soigné, avoir accès à l’éducation, à la culture. »


Et comme « la Loi Sécurité Globale ne vient pas seule », le collectif Danger Loi Sécurité Globale a aussi eu quelques mots sur la loi dite Séparatisme, renommée « loi confortant les principes de la République ». « Cette loi est de nature différente, indique Romain, lui aussi du collectif Danger LSG, mais plusieurs de ses articles renforcent les atteintes à nos libertés. Comme la liberté de religion, de réunion, et d’association. […] Cette loi Séparatisme, c’est aussi une loi de discrimination. Envers toute une partie de la population, les Musulmans et les Musulmanes. Cette stigmatisation n’est pas acceptable. »

Bien chauffé, le cortège pouvait entamer une bonne marche jusqu’à la cité Paul-Valéry, en passant par Estanove. Sous les regards amusés des habitant·es, solidaires depuis leurs fenêtres, les teufeur·ses ont mis l’ambiance. Venu·es en nombre et avec trois camions, ielles ont également eu leur mot à dire. « Au vu des mesures sanitaires, notre mouvement est plus que ralenti, alors aujourd’hui on est là pour faire du bruit. […] Peuple dansant et pacifique, nous subissons depuis nos débuts une répression violente, alors que les organisateurs cherchent des accords avec des communes et des accès à des terrains pour faire tout en toute légalité.»

Christophe a remercié le mouvement des free party de s’être (re)joint à la lutte. « C’est la bonne réponse aux saisies de sonos et de camions qui ont eu lieu le 16 janvier à Montpellier à l’issue de la manifestation. Même scénario, encore pire, à Béziers le 30 janvier. La police a procédé à la saisie du matériel sono d’un camion alors que la manifestation s’était déroulée dans le calme. Devant cette injustice, un jeune homme s’est rebellé. Il a été condamné par la justice à 18 mois de prison, dont 9 mois ferme. 9 mois ferme, quoi ! Nous ne devons pas céder à cette répression et à cette tentative d’intimidation. Au contraire, nous devons rester uni·es et déterminé·es. » 

Le cortège a ensuite remonté la route de Lavérune et rejoint la place Salengro, en passant devant la cité Gély. Entre 14 et 15 heures, la manifestation s’est terminée dans le calme, sans interpellation, ni saisie de matos.

Photographies : Alix D.

 







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