« Palestine vivra, Colombie vaincra », convergence des luttes à Montpellier

Deux peuples, deux continents, deux histoires. Difficile, a priori, de trouver quelconque point commun entre la Colombie et la Palestine. Si ce n’est la résistance de leurs habitant∙es face à la violence de milices armées à la solde d’états pendant que la communauté internationale ferme les yeux. Des luttes similaires qui expliquent, en partie du moins, que les soutiens de ces deux peuples se sont rejoints en un rassemblement sur la place de la Comédie samedi après-midi.

 

Paroles d’ici et d’ailleurs

« Malgré la distance, malgré la culture ou la langue, aujourd’hui, nous, Colombiens et Palestiniens, nous nous sentons proches. » Alors que le soleil tape sur les pavés du cœur de ville, tour à tour, les soutiens des deux pays prennent la parole. Les nouvelles des premières lignes se succèdent par la voix de celleux qui sont aux premières loges. On y parle du cessez-le-feu qui n’empêche en rien la souffrance des Palestinien∙nes ou de la violence « historique et systématique » qui a poussé le peuple colombien à déclarer la grève générale depuis un mois maintenant. Qu’est-ce-que ça fait d’être loin de son pays, qu’il soit de cœur ou de sang, lorsque celui-ci est en souffrance ? Les micros sont ouverts à l’assemblée pour que chacun∙e puisse s’exprimer.

« Ce qu’il se passe en Palestine, ce n’est pas l’affaire des musulman∙es, c’est l’affaire de toute l’humanité. Les massacres d’enfants, les meurtres, l’embargo, c’est l’affaire de toute l’humanité. C’est pour cela qu’il faut être uni∙es, il faut être là, pour les soutenir. » Asmaa – militante

Chez les un∙es, l’expression passe par les mots, chez les autres, c’est par l’art et la culture. Poèmes, danses et musiques traditionnelles sont mis au service de la lutte. Les chants, en arabe ou en espagnol, s’élèvent de la place de la Comédie, attirant les passant∙es parfois surpris par cette forme de mixité culturelle.

À la croisée des luttes

Répression partout, reconnaissance nulle part. Alors que la communauté internationale ferme les yeux sur les crimes commis par Israël et ne réagit pas aux meurtres de Colombien∙nes par les milices armées, la France ne fait pas vraiment mieux, au contraire. En effet, les deux mouvements ont eu à déplorer l’annulation d’événements de soutien. À Paris, la manifestation du 15 mai pour la Palestine a été interdite à la demande du gouvernement au prétexte de « risques de graves troubles à l’ordre public ». À Montpellier, c’est la journée socioculturelle, qui avait pour but de récolter des dons destinés aux victimes colombiennes de la violence d’état qui a été interdite par le préfet. Le message est clair.

Pourtant, ce sont autant de raisons qui ont permis ce rapprochement, d’une part entre les organisations MoVida et BDS, et d’autre part, au-delà des structures, entre les militant∙es. Victime de la colonisation elle aussi, la Colombie peut se retrouver dans les revendications décolonialistes de la Palestine. Autre point commun, l’année 1948 marque le début du calvaire pour les deux pays : invasion par Israël pour l’un, début de la guerre civile pour l’autre. Ce rassemblement prouve une chose, il est possible de tendre vers l’union de ces combats, sans pour autant perdre leurs identités propres. En attendant de voir si cette réunion imprévue permet la concrétisation d’alliances au niveau local, retour en images sur la convergence de ces luttes.







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