À Montpellier, le mouvement antipass s’épuise entre lumière et ténèbres

À Montpellier, comme d’habitude, la manifestation des antipass a commencé ce samedi 16 octobre avec des discours variés sur la place de la Comédie. L’interdiction de la préfecture n’a toujours pas arrêté les manifestant·es, mais on relève cette semaine une diminution du nombre de participant·es. Elles et ils étaient environ un millier de personnes.

Entre discours accablants et prises de paroles touchantes, la dialectique des porte-paroles des manifestations contre le pass sanitaire révèle de la lumière sur les politiques sociales menées en France pendant la crise sanitaire du COVID-19, et replongent dans les ténèbres en ce qui concerne l’absorption totale de la rhétorique complotiste, virale, presque cinématographique.

Pendant la manifestation, quelques travailleurs du secteur médical ont pris la parole pour exprimer leur souffrance, et leur peur de l’avenir et de celui de leurs proches. Elles et ils ont refusé de se faire vacciner ; la perte de leur source de revenus, matérialise la voie répressive de la Macronie, insensible, violente, dessinant l’agonie d’une société que se radicalise à droite de la droite.

D’un autre côté, une grande majorité de manifestant·es semblent avoir adhéré au réseau qui dissémine les stickers du groupe complotiste La Rose Blanche. Un réseau créé initialement depuis l’extrême droite, qui a réussi à imposer les ténèbres de la désinformation, de la réinformation et du complotisme dans les manifs à Montpellier.

Lire notre enquête – La Rose Blanche : de l’extrême-droite à l’agonie populaire

On parle d’une dynamique pseudo-fascisante, dont la finalité conduit les manifestant·es vers des médias d’extrême droite en France et ailleurs, avec le but d’appauvrir la pensée. Sur le sticker de la photo précédente, un autre canal Telegram apparait : le Grand Réveil, un canal comptant 78 000 abonné.es, et où l’on retrouve de tout, pour tous les goûts : complotisme, antivax, antisémitisme, sciences holistiques, anti-LGBT, nouvel ordre mondial, etc.

Sur d’autres pamphlets distribués dans la manif, des nouveaux sites web comme Les Alerteurs, parlent clairement un génocide mondial, dans lequel il faut se positionner et choisir son champ : les COLLABOS ou les RÉSISTANTS.

D’autres manifestant·es invitent le peuple à se réveiller. Éteindre la télévision, couper la radio, boycotter la presse et éviter « le plus possible les GAFAM« , l’acronyme des géants du Web — Google, Apple, Facebook, Amazon et Microsoft. Néanmoins, pour se tenir informé, ces manifestant·es qui se disent apolitiques, proposent à leurs concitoyens de visiter des web tv’s, des « médias traditionnels » (un nouveau concept de média à définir), des lives infos, enfin, des sites fortement liés à l’extrême droite, qui sont par contre eux, bien politisés, et qui servent la soupe des partis politiques comme le Rassemblement National ou la rhétorique vomissante d’Eric Zemmour.

Vers 16:30, le cortège prend la direction du rond-point des Près d’Arènes, pour soutenir la « saison 2 » des Gilets Jaunes qui démarre officiellement le 16 octobre 2021, après un appel sur les réseaux sociaux. Le point central d’entrée à Montpellier-Centre, fut bloqué symboliquement une trentaine de minutes. Suite à l’arrivée de six camions de la gendarmerie, les manifestant·es ont prit le chemin de retour, pour en finir sur la Comédie.

Voici quelques photos de notre reporter, Photocratie :







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