Soignants en colère : l’hôpital se fout de la charité de Macron

Ce mardi 30 juin 2020 plus d’un millier de personnes se sont réunies devant le CHU Arnaud de Villeneuve à Montpellier pour un nouveau mardi de la colère en soutien aux personnels soignants, qui réclament l’allocation des moyens nécessaires à l’hôpital public et la revalorisation de leurs salaires (voir aussi notre portfolio : Fumer l’hôpital nuit gravement à la santé). Cette mobilisation nationale fait suite à un appel de la plupart des syndicats.

“J’ai pas eu le Covid mais vous m’avez transmis la rage”

C’est une véritable colère qui anime les hospitaliers face aux graves et dangereuses pénuries vécues lors de la crise du coronavirus, lesquelles continuent d’être minimisées éhontément par le gouvernement. Alors que se tient le Ségur de la Santé, a été annoncé le versement de 6,3 milliards d’euros afin de revaloriser les salaires des personnels, somme partagée avec… les EHPAD et les cliniques privées !

Ces milliards déballés en fanfare ne sont pas encore financés, et devraient correspondre à une augmentation de seulement 260€ nets. Cette mesure est un effet d’annonce que dénoncent les syndicats, car les salaires de la fonction publique sont gelés depuis vingt ans, ce qui représente une perte de près de 25% en regard de l’inflation. L’augmentation ne compenserait qu’à peine cette différence.

Pénuries et sous-effectif au menu de l’hôpital

La question du salaire n’est qu’une des multiples facettes des conséquences désastreuses de la gestion néolibérale de la santé publique. Au delà d’une revalorisation bien légitime, les rangs des soignants sont largement en sous-effectif, et ceux-ci sont, par dévouement pour leur métier, forcés d’accumuler les heures supplémentaires et de suivre des horaires éreintantes.

Le matériel et les locaux de l’hôpital public, qui souffrent soit de manques soit de vétusté et parfois des deux simultanément, doivent également profiter d’une large refonte et d’un financement bien plus abondant afin d’assurer les vrais moyens dont a besoin l’institution. Les politiques d’austérité menées depuis des décennies vers la baisse continue du nombre de lits et de personnels au profit d’une médecine de l’ambulatoire ont montré leurs dangereuses limites pratiques lors de la crise du coronavirus.

Le néolibéralisme, fossoyeur de la santé publique

Alors que le gouvernement a lâché 12 milliards à Renault et Air France (232000 salariés à eux deux), lesquels se sont empressés d’annoncer une vague de licenciements pour seul remerciement aux citoyen.nes qui vont les financer par leurs impôts, on se rend compte que la somme de 6,3 milliards allouée à l’hôpital, qui emploie près de 1,2 millions de personnes, est particulièrement dérisoire et arrogante.

La doctrine néolibérale appliquée par le gouvernement Macron-Philippe vise à provoquer la désintégration de l’hôpital – et de l’ensemble du service public – pour rediriger la population comme les personnels vers une santé privée, mise en association avec les assurances et mutuelles. Un système à l’américaine qui profiterait de plus des bienfaits de la caisse de sécurité sociale où s’empiffrent les laboratoires pharmaceutiques comme les cliniques privées.

En affaiblissant toujours plus le système de santé publique, nos politiques créent un accès aux soins à deux vitesses et renforcent ainsi la loi de la jungle qui prédomine le capitalisme : les plus forts s’en sortent au détriment des plus faibles.

“Est-ce qu’on nous prend pas un peu pour des cons ?”

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